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François Bayrou : Humanisme et hommage à l’Economie Sociale et Solidaire

2012 février 12

François Bayrou organisait ce samedi 11 février son troisième forum de l’Agenda 2012-2020, consacré au thème essentiel de la « Solidarité ».
Son discours de clôture a été fortement emprunt d’humanisme.

Tout d’abord, il fustige Nicolas Sarkozy sur ce qu’il présente comme des « valeurs » ou ses projets de référendums sur les chômeurs ou les étrangers, qui ne pourront que créer de la division au sein des français. Ce qu’aucun de ses prédécesseurs de la cinquième République n’aurait accepté.
Il lance ensuite un appel à tous ceux « qui ont une certaine idée de la France, qui sont des républicains et qui sont des humanistes » à ne pas laisser dire ou faire de telles erreurs ; en rappelant à l’occasion les exemples de « Chaban et sa nouvelle société ; de Gaulle et la participation ; les libéraux qui attachent un si grand prix à la sagesse de la loi ».

Puis il fait partager ses propositions dans le domaine de la « Solidarité » :
   Notre modèle social, c’est d’abord dans la lutte contre la précarité qu’il faut le juger.
   La vraie solidarité, c’est de trouver et de garder un travail.
   L’avenir de la protection sociale, notamment pour la santé et la retraite, c’est la justice et l’équilibre des régimes.
   Le logement, c’est la clé de l’humanisation de la société.
   La dépendance et le handicap doivent faire l’objet d’une politique commune d’aide à l’autonomie de la personne.
   La lutte contre la solitude.
   Intégration et lutte contre les discriminations.
   Égalité hommes / femmes.
   Économie sociale et solidaire, associations.

Enfin et c’est tout aussi important, il termine par un hommage et un soutien à l’Economie Sociale et Solidaire :

Rien n’est possible par l’État seul. Il est trop loin. Rien n’est possible par les collectivités locales seules. Les administrations sont peu imaginatives. Je voudrais finir cette intervention par un hommage rendu et une déclaration de confiance aux associations, ou aux entreprises de l’économie sociale et solidaire. Ceux qui acceptent les règles et les contraintes de l’économie normale, mais dont le but n’est pas le profit mais l’amélioration de la société.


AGENDA 2012/2020, 3ème Forum, discours de… par bayrou

De l’influence de l’Euro sur la dette

2012 février 3
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par Laurent Boisseau

Il ne se passe pas de jour sans que l’on parle de la dette de la France. Tout le monde sait maintenant que la dette de l’Etat avoisine les 1 800 milliards d’euros. J’avais posé la question de sa détention en majorité par des fonds étrangers, ce qui nous expose aux agences de notation, dans un précédent article. J’aborde aujourd’hui un autre aspect – que l’on évoque moins – il concerne le fait qu’elle soit libellée en Euros. Je me suis documenté sur les sites de l’Agence France Trésor, de la Banque de France et de l’INSEE afin d’étudier l’évolution des taux d’intérêts de la dette en perspective avec l’inflation. C’est très instructif, que constate-t-on ?

J’ai rassemblé dans un graphique l’évolution du taux moyen des emprunts d’Etat long terme (TME long terme) de 1974 à nos jours :

TME long terme

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La TVA sociale est-elle une bonne idée ?

2012 janvier 4
par Laurent Boisseau

TVALa crise économique et financière ajoutée aux montants impressionnants des dettes publiques ont considérablement fragilisé les états qui présentent un déficit structurel de leur commerce extérieur. La France en fait malheureusement partie. La plupart de ses acteurs politiques et économiques préconisent une réindustrialisation de notre pays. François Bayrou a fait partie des premiers dans son ouvrage 2012 Etat d’urgence (Plon). L’auteur – candidat depuis à la présidence de la république – y faisait le choix d’une politique de relance par l’offre.
Relancer l’offre nécessite d’alléger les charges des entreprises, François Bayrou proposait de les déplacer selon deux pistes, sans toutefois choisir : la CSG ou la TVA.
Une fusion de la CSG avec l’impôt sur le revenu faisait partie du programme de l’équipe du candidat François Hollande, quoique ce dernier semble revoir sa copie sur ce point…
La TVA présentée sous le vocable « social » ou « anti-délocalisation » fait partie du programme du président actuel, quoique non encore candidat, il pourrait aussi s’agir d’un ballon d’essai…

Concrètement, cette mesure vise à baisser les cotisations sociales des entreprises et les compenser par une hausse de la TVA. La baisse du coût du travail ainsi engendrée peut être répercutée ou non sur les prix. Dans le premier cas cela produit une baisse des prix des produits fabriqués en France, dans le second une hausse des marges des entreprises. Dans les deux cas cela engendre une hausse de la compétitivité des entreprises françaises. Ce sont des effets positifs.
De l’autre côté, la hausse de la TVA va engendrer une hausse des prix des produits importés et potentiellement une hausse des prix des produits fabriqués en France également selon la répercussion de la baisse du coût du travail sur les prix. Soit au global une perte du pouvoir d’achat.

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Féeries caennaises

2011 décembre 30
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par Laurent Boisseau

Comme chaque année, l’Esplanade de l’Hôtel de Ville de Caen se transforme en scène d’un spectacle son et lumières pour les fêtes de Noël.

La façade de l’Abbaye-aux-Hommes devient l’écran d’un conte en images monumental. Cette projection, qui évoque les rêves d’enfants sous la forme de tableaux successifs, se marie agréablement avec l’architecture.

Les projections ont lieu toutes les demi-heures de 17h30 à 23h, jusqu’au 8 janvier 2012.
Vous trouverez ci-dessous un diaporama qui vous permettra d’avoir un aperçu du spectacle :

Utilisez la barre de navigation pour le visualiser en plein écran.

Faut-il « relocaliser » la dette ?

2011 décembre 17
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par Laurent Boisseau

DetteFaut-il « relocaliser » la dette de l’Etat français ? C’est-à-dire la faire racheter en grande partie par ses citoyens, le peuple français. Cet article propose une piste de réflexion pour une solution court terme afin de rendre la dette plus soutenable. Que les lecteurs économistes me pardonnent éventuellement quelques approximations sur certains chiffres, ce billet n’ayant aucune prétention d’expert.

Aujourd’hui la dette souveraine de l’Etat français avoisine les 1 800 milliards d’euros. Creusée par les déficits successifs et aggravée par la crise financière, elle correspond en moyenne à plus de 26 000 euros par citoyen et à 85% du PIB environ. L’Agence France Trésor emprunte donc à des taux long terme (20 à 50 ans) compris entre 3,5 et 4%. Or cette dette est détenue à 66% par des fonds étrangers non résidents. Ainsi nous sommes donc dépendants des fameuses agences de notation que les marchés étrangers consultent. Est-ce blâmable ? Non, ils agissent comme n’importe quel prêteur qui veut mesurer le risque qu’il prend dans toute opération. De ce fait, toute dégradation de la note entraîne une hausse des taux d’intérêts selon toute bonne logique prudentielle. Ni moral, ni immoral, le capitalisme est par nature amoral comme l’a dit le philosophe André Comte-Sponville.
L’Etat français a donc pris la voie de financer sa dette publique par les marchés financiers à l’instar de nombreux autres états, sauf quelques uns comme le Japon par exemple. Le Japon est fortement endetté (plus de 225% du PIB) mais ses créanciers sont pour l’essentiel des entités citoyennes japonaises.
Les conditions de financement sont donc aussi importantes que la dette elle-même. Agir sur la dette par des politiques de rigueur est certes nécessaire, mais dangereux si elles ne permettent pas la relance économique. A quoi bon mourir guéri !

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Qui bene amat…

2011 décembre 5
par Laurent Boisseau

Jean-François KahnJean-François Kahn renouvelle son soutien à François Bayrou pour l’élection présidentielle de 2012. Il a fait part de sa décision à Nice Matin lors d’un entretien à Cannes.

L’ancien patron de l’hebdomadaire Marianne a notamment déclaré qu’il était prêt à « participer » à la construction du programme du candidat centriste si « on me le demande » et à la condition de conserver sa « liberté de penser ».
« Je ne suis pas à 100% d’accord avec lui mais en tant que patriote, je suis convaincu que c’est l’homme dont la France à besoin pour incarner le changement dans un climat de haine et de clivages. Il est le seul qui pourra fédérer la population et instaurer une cohésion sociale autour d’un programme alternatif ».

L’information a été reprise également par Le Point et L’Express.

C’est une excellente nouvelle, car ce soutien apportera une contribution constructive pour la campagne qui s’annonce. Pour autant ce ne sera pas un soutien béni-oui-oui, car – Qui aime bien, châtie bien – Jean-François Kahn avait déjà eu l’occasion de débattre du positionnement du centre sur son blog en juin 2010. Il y écrivait notamment :
« Le problème n’est donc pas de se définir comme « entre-deux », « à mi-chemin », mais de se porter, je le répète, résolument « en avant », pour préparer une véritable alternative porteuse d’un nouveau modèle. L’opinion ne veut pas du « mou » mais, au contraire, du solide et du dur dans la rénovation. »

Parallèlement à cela, Jacques Julliard – l’éditorialiste de Marianne – soutient la candidature de l’autre François (Hollande). A sa manière, lui aussi n’est pas un inconditionnel de son candidat. Il le sermonne sérieusement dans le dernier numéro de l’hebdomadaire, lui recommandant de se démarquer de « Martine et Cécile » et du « programme qu’on lui flanque dans les pattes ». Il lui rappelle instamment qu’il « ne doit plus avoir qu’un seul interlocuteur : le peuple français ».

Ce dernier conseil vaut aussi pour le premier François.

Paroles de poilu…

2011 novembre 11
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par Laurent Boisseau

Lettre de poiluEn ce 11 novembre, anniversaire de la fin de la « Grande Guerre », je publie cette lettre écrite par mon arrière-grand-père qui fut blessé grièvement lors du combat d’Ecriennes (bataille de la Marne) le 6 septembre 1914.
Il reçut la Médaille Militaire et la Croix de Guerre avec Palme, extrait de la citation :
« Le 6 septembre 1914, au cours d’un violent combat, a pris avec sang-froid le commandement de sa demi-section dont le chef venait de tomber. Blessé grièvement lui-même quelques instants après n’a cessé d’encourager ses hommes par d’énergiques paroles. […] ».

Au-delà du caractère émouvant de ce témoignage, il est intéressant de noter la qualité de la rédaction, la richesse du vocabulaire employé, ainsi que le souci de rassurer les siens en employant un style plein de retenue…

Vitry le François, le 13 septembre 1914
à l’ambulance de la Croix Rouge

Chers parents et chère femme,

Mon cauchemar commence à se dissiper et comme le printemps il me semble renaître à la vie. Songez que pendant 48 heures après être tombé la jambe droite traversée d’une balle, je suis resté étendu de tout mon long, dans un sillon, mon sac devant la tête pour me protéger des balles françaises et allemandes qui sifflaient dans tous les sens comme un bourdonnement d’abeilles cependant que les obus et schrapnels éclataient de tous les côtés.
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Le Mois de l’Economie Sociale et Solidaire

2011 octobre 29

Novembre sera le Mois de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) en France.

C’est une initiative des Chambres Régionales de l’Economie Sociale pour faire découvrir au plus grand nombre, pendant un mois et au travers d’initiatives les plus diverses possibles, une autre façon de concevoir l’économie.

Il existe en effet des entreprises responsables qui se distinguent par leur mode d’organisation et leur finalité.
Elles ont établi depuis plus d’un siècle des règles du jeu originales :

  • Elles rassemblent des personnes motivées par la mise en œuvre d’un projet,
  • Elles concilient objectifs d’intérêt collectif et activités économiques,
  • Elles intègrent dans leur organisation et dans leur fonctionnement, démocratie, innovation et développement durable.

Ces entreprises sont les coopératives, les mutuelles, les associations, les structures de l’insertion par l’activité économique, les fondations…

Elles sont présentes sur tous les secteurs d’activités, de la banque à la culture, en passant par le commerce équitable.

En France, elles représentent plus de 215 000 établissements employeurs, soit 9,1% des entreprises françaises et plus de 2,2 millions de salariés, soit près de 10% du total de l’emploi salarié en France.

Dignité et souffrance au travail

2011 octobre 11
par Laurent Boisseau

EntretienAvez-vous regardé jeudi dernier sur France 2 l’excellent documentaire « La gueule de l’emploi » réalisé par Didier Cros ?
Il s’agissait de filmer une session de recrutement collective pour un poste de commercial dans une grande compagnie d’assurances.
Une dizaine de candidats étaient soumis aux jeux de rôles imposés par un « jury » composé de consultants en recrutement – chargés de l’animation – et de cadres RH et opérationnels de l’entreprise.
Téléréalité ? documentaire-fiction ? Non, la réalité.
Les candidats seront conduits au cours de la session à se plier à des pratiques exacerbant leur agressivité envers leurs collègues, les soumettant aux rôles que l’on veut leur faire jouer – prélude aux conditions de leur futur poste s’ils sont retenus. Bref des conditions humiliantes, voire inhumaines, et qui révèlent aussi l’incompétence des recruteurs !

Cette émission a fait le buzz dans l’écosystème du recrutement.
Le matin même de la diffusion, France Inter recevait dans le cadre de l’émission « Service Public » de Guillaume Erner, Didier Cros le réalisateur du documentaire, Alain Gavand Président–fondateur du cabinet de recrutement Alain Gavand consultant et Nicolas Doucerain Président du cabinet de recrutement Solic.

Alain Gavand avait eu l’occasion d’exprimer son indignation sur son blog dans un article titré : « La gueule de l’emploi. Ou le recrutement obscène. ». Professionnel du recrutement, il y explique de façon argumentée son aversion pour de telles pratiques, l’amateurisme des recruteurs dans le documentaire, ainsi que les atteintes à la dignité des candidats. Il continuera son combat engagé depuis une dizaine d’années pour un recrutement éthique et professionnel.

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Solutions et problèmes de l’économie sociale et solidaire ?

2011 octobre 1
Philippe Frémeaux

Philippe Frémeaux

Vendredi 30 septembre il y avait une conférence avec Philippe Frémeaux à l’Atelier, centre de ressources régional de l’économie sociale et solidaire pour l’Ile-de-France. Elle se tenait à l’occasion de son dernier ouvrage La nouvelle alternative ? Enquête sur l’économie sociale et solidaire (éditions Les Petits matins) et était organisée par l’équipe pédagogique du master Management de l’Insertion par l’économie sociale et solidaire (MIESS) et animée par Hervé Defalvard, maître de conférence en sciences économiques et responsable du Master.
Rappelons que Philippe Frémeaux est président de la coopérative qui édite « Alternatives Economiques » et éditorialiste. Son ouvrage analyse dans quelle mesure et à quelles conditions l’économie sociale et solidaire peut contribuer à transformer notre société. Lire l’extrait.

Avec la crise qui perdure depuis plus de trois ans, la financiarisation de l’économie, l’amplification du chômage de masse, nous sommes de plus en plus amenés à nous interroger sur la finalité de notre économie, sinon de notre société. Quels buts poursuit-on ? Le profit financier est-il le but ultime de toute économie de marché ?
L’économie planifiée qui représentait l’Alternative à l’économie capitaliste au début du 20e siècle est définitivement sortie de l’histoire avec l’effondrement de l’URSS.
L’économie sociale et solidaire, qui repose sur des valeurs humanistes et des principes de recherche du bénéfice collectif, d’utilité sociale et de solidarité, représente une forme alternative d’organisation de la production.
Cette forme alternative de l’économie fait l’objet actuellement d’une attirance consensuelle à tel point que Philipe Frémeaux faisait remarquer avec une pointe d’ironie que Jean Sarkozy – Conseiller général des Hauts-de-Seine – avait « troqué la présidence de l’EPAD contre celle du Conseil Départemental de l’ESS des Hauts-de-Seine ».

Philippe Frémeaux nous a fait une présentation très objective de l’économie sociale et solidaire. Même s’il est profondément attaché aux valeurs de l’ESS, pour en être un acteur reconnu pour son engagement, il ne cède pas aux discours quelquefois angéliques qui tendent à la présenter comme un monde idéal, voire idyllique. Comme il le répète souvent, l’ESS porte en elle une partie de la solution et une partie du problème.

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