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Vers une économie de la fonctionnalité

2011 septembre 23
par Laurent Boisseau
Porte-monnaie

© Corbis

Dans une nouvelle tribune publiée dans Le Figaro du 20 septembre dernier, Robert Rochefort (Député européen et ancien Directeur Général du CREDOC) et Philippe Moati (Professeur d’économie à l’université Paris-Diderot) encouragent une refonte de notre modèle de consommation.

Le pouvoir d’achat baisse encore.
Les auteurs partent du constat que notre mode de consommation s’épuise pour les raisons suivantes :

  • Il engendre du gaspillage et ne répond pas aux objectifs de durabilité environnementale,
  • La crise des dettes publiques a anéanti les espoirs de croissance du pouvoir d’achat à court, voire moyen terme,
  • Le modèle low cost, souvent privilégié pour acheter moins cher, a tendance à favoriser les importations au détriment de la production nationale,
  • La consommation est de plus en plus déceptive du fait de promesses marketing excessives.

De plus, les besoins des consommateurs d’aujourd’hui reposent plus sur la recherche de solutions répondant aux problèmes de leur vie quotidienne qu’à l’achat de produits ou biens d’équipement.

Ils proposent alors un nouveau mode de consommation basé sur les « effets utiles ».

Ce modèle de consommation s’apparente à ce que l’on appelle également « l’économie de la fonctionnalité », qui substitue la vente de produits et biens d’équipement par celle de services intégrés.

Des exemples déjà existants sont fournis pour illustrer :

  • La location de vélo pour effectuer des trajets au lieu de l’achat du vélo lui-même, à l’instar des systèmes qui se généralisent dans de nombreuses agglomérations,
  • L’écoute de la musique ou la visualisation de films (comme la VOD) dans la téléphonie ou sur internet.

Ces modèles se développent déjà dans le monde de l’entreprise avec les abonnements à des services de photocopie qui se substituent à l’achat de photocopieurs, ou les logiciels applicatifs vendus comme des services : le mode SAAS (software as a service).

Les auteurs proposent le développement de ces services dans le monde du grand-public en citant le bricolage, voire même – et c’est plus original – l’habillement, via la mise à disposition d’une panoplie de vêtements, ou la location éventuellement partagée d’une machine à laver…

Le développement de cette nouvelle forme d’économie aurait également pour avantage de relocaliser des emplois en développant une maintenance localisée qui se substituerait à de la fabrication délocalisée. De plus, ce modèle basé sur la location d’un service induira la recherche d’une haute fiabilité pour l’équipement concerné et peut entraîner la relocalisation de sa fabrication. Un cercle vertueux.

Ces nouvelles façons de consommer entraîneront une évolution de la société qui se fera progressivement en passant d’une croissance quantitative à une croissance qualitative.

R. Rochefort et P. Moati viennent de créer ensemble l’Observatoire Société et Consommation : l’OBSOCO.

  1. novembre 6, 2011

    Sujet très important et prometteur, comme le montrent le boom du covoiturage et la mode du couchsurfing. Bravo de le souligner !

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