Aller au contenu

Pour l’avenir de l’Euro(pe)

2011 juillet 28
par Laurent Boisseau

EuroJ’ai relevé un article intéressant sur le site de Robert Rochefort, Député européen, Vice-président du Mouvement Démocrate, et ancien Directeur Général du Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de Vie (CREDOC). Intitulé « Trois propositions concrètes pour l’avenir de la zone euro », il reprend une tribune publiée dans « Le Monde », avec Stéphane Cossé, économiste, maître de conférences à Sciences-Po, et président du MoDem de Paris.
Ils y présentent trois propositions concrètes pour l’avenir de la zone Euro.

Depuis les crises financières à répétition, l’endettement hors limite des particuliers et des états, nous assistons à la spirale des emprunts qui s’additionnent à des taux de plus en plus élevés, encouragés en cela par les agences de notation qui dégradent progressivement la note des états. Plus on est endetté, plus l’argent coûte cher et est donc difficile à rembourser. C’est un processus infernal qui se propage des débiteurs aux créanciers, fragilisés eux-mêmes par ce phénomène systémique.
Le rôle des agences de notation fait débat à juste titre, mais ce n’est pas le sujet ici. Que nous proposent donc nos économistes :

Un dispositif qui se compose de trois étages :

  1. Un fonds de secours : Le Fonds européen de stabilité financière (FESF).
  2. La mise en commun de capacités d’emprunt des Etats de la zone euro : par la constitution d’une Agence européenne de la dette (AED).
  3. La mise en commun de capacités de financement de l’Europe : pour renforcer l’intégration économique au sein de la zone euro.

Le premier étage existe. Il a les mêmes objectifs que le Fonds monétaire international. A terme, il pourrait devenir le Fonds monétaire européen. Il intervient en cas de crise urgente, les taux des prêts sont réduits au strict minimum, selon une logique de finance solidaire et non de profit financier. Evidemment, il s’accompagne de plans de redressement des états emprunteurs, et c’est là que la composante sociale doit être prise en compte.

Le deuxième étage n’est pas avancé, on en parle encore au conditionnel. L’Agence européenne de la dette aurait pour objectif d’emprunter pour faire face aux besoins courants d’emprunt des Etats. Son principal intérêt serait de faire baisser les taux d’intérêts des emprunts souverains indépendamment de l’état de leurs finances publiques (cf. les agences de notation citées plus haut). C’est un des avantages apportés par la monnaie commune l’Euro. Des règles de plafonnement des emprunts devraient être mises en place pour éviter les dérives.
Les auteurs proposent de commencer par les emprunts à court terme des états, quand on sait que la Grèce emprunte actuellement à 3 mois à 4 %, ce qui représente un taux trois fois plus élevé que la moyenne de la zone euro.

Quant au troisième étage, il vise à renforcer l’intégration économique au sein de la zone euro, en favorisant les échanges économiques entre pays membres. C’est de la solidarité économique bien comprise, la bonne santé et le développement de chaque état membre bénéficient aux autres par le jeu des échanges, comme dans toute logique de partenariat.
Cela passerait par un renforcement des missions de la Commission européenne et de la Banque européenne d’investissement.

R. Rochefort et S. Cossé proposent enfin que ces initiatives soient coordonnées par un ministre des finances européen, véritable chef d’orchestre capable d’harmoniser des politiques budgétaires cohérentes entre les états membres et d’incarner au niveau politique l’unité de la zone euro.

Cette construction est nécessaire si nous voulons sortir par le haut de la crise actuelle. Elle ne sera pas suffisante, car elle nécessite également une vision et une volonté politique forte entre les états membres de la zone euro. Cette vision politique doit remettre les priorités dans l’ordre : la finance au service de l’économie, et l’économie au service de l’homme et non l’inverse !

Dans le dernier numéro de Marianne, Jacques Julliard avait intitulé son éditorial « Sarkozy, Merkel : mariez-vous, vite ! ». En d’autres termes, le couple franco-allemand pourra sauver l’Europe s’il en a la volonté, et surtout la conviction.

Cela fera aussi partie des sujets clés pour la présidentielle de 2012.

Rétroliens

  1. Laurent Boisseau

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :