Aller au contenu

Que commémore-t-on le 10 mai ?

2011 mai 10
par Laurent Boisseau
Toussaint Louverture
Toussaint Louverture

Ah joli mois de mai, beaucoup de fêtes et de commémorations !

Et que commémore-t-on en ce 10 mai ? N’en déplaise aux nostalgiques qui rêvent du passé…
La journée commémorative en Métropole du souvenir de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. Ce sont des crimes contre l’humanité, ils ne doivent pas être oubliés.

Il est en effet toujours utile de rappeler que l’esclavage a été définitivement aboli en France par Victor Schœlcher le 27 avril 1848.
Comme de se souvenir également du combat de Toussaint Louverture à la tête de la révolution haïtienne à la fin du 18e siècle.

Cependant – et pour être franc – j’avoue avoir revu hier avec plaisir le « Promeneur du Champ de Mars » de Robert Guédiguian. Michel Bouquet y est sublime. Une réflexion sur la vie, la maladie, la mort, le pouvoir, la littérature, le rapport au temps et aussi le spirituel comme gage de l’éternité…

  1. mai 10, 2011

    Cette date du 10 mai comme journée annuelle de la mémoire de l’esclavage en métropole (en outre-mer, les dates varient) est une ineptie et un danger.

    Ineptie parce qu’elle ne commémore pas l’abolition de l’esclavage mais l’adoption de la loi Taubira qui, entre autres, fait de la traite négrière par les Européens un crime contre l’humanité.

    Danger parce que cette loi, comme toutes les lois mémorielles, limite la liberté de l’historien, à qui on impose des bornes, au-delà desquelles il ne doit pas aller et qui doivent le guider dans ses recherches. Levée de bouclier par tous les historiens, de René Rémond à Pierre Nora, en passant par Michel Winock ou Mona Ozouf.

    On l’a très bien vu avec l’affaire Pétré-Grenouilleau et la loi sur le rôle positif de la colonisation, toutes les 2 en 2005.

    Un historien se fait traîner devant les tribunaux pour négation de crimes contre l’humanité car il écrit que la traite négrière par les Européens n’est pas un génocide. Evidemment : un esclave est un bien qui a une valeur, les esclavagistes n’ont donc aucune volonté génocidaire, aussi horrible et inhumain que puisse être l’esclavage.

    Alors la plainte n’est pas allé jusqu’au bout mais voilà, le mal est fait.

    Par ailleurs, cette loi ne parle que de la traite européenne, à partir du XVe siècle et ne condamne pas l’esclavage en tant que tel. L’esclavage n’a pas été inventé par les Européens pour faire fructifier le nouveau monde. Il est universel et intemporel. Cette loi est donc incomplète et inique.

    Pour commémorer l’abolition de l’esclavage, ce n’était donc surtout pas cette date qu’il fallait choisir. Il aurait été symboliquement et historiquement plus fort et plus juste de choisir la date du 4 février (1794, abolition par la Convention) ou le 27 avril (1848, abolition définitive).

    A noter également le 10 mai : mort de Louis XV ; Louis XVI lui succède. La France, doucement mais sûrement, avance vers la Révolution.

Rétroliens

  1. Laurent Boisseau
  2. Okan Germiyan

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :