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Réveillez-vous !

2011 janvier 30
par Laurent Boisseau

Réveillez-vous !

Copyright Marianne

« Réveillez-vous ! » C’est Marianne, par la voix de Jean-François Kahn, qui lance un appel à l’opposition républicaine cette semaine.
Cette apostrophe fait singulièrement écho à l’« Indignez-vous » de Stéphane Hessel qui a été un véritable succès de librairie, parce qu’il a été entendu et compris par une très grande partie de nos concitoyens.
Mais maintenant que la conscience s’est faite, l’heure n’est plus à l’indignation, mais à l’action, à la reconstruction. Nous devons tous nous réveiller, à commencer par les leaders de l’opposition républicaine.

Extrait :

« Tous les sondages l’indiquent, Nicolas Sarkozy perdra l’élection présidentielle. Face à qui ? Face à la représentante ou au représentant de l’opposition républicaine. Sauf qu’il y a un hic : et s’il n’y a pas d’opposition républicaine ? Ou s’il n’y en a plus ?
[…]
Et puis soudain, on tend l’oreille. Un discours d’opposition a fusé. Enorme, cru, brut de décoffrage. Mais audible. François Bayrou ? Non, Marine Le Pen. »

Et c’est vrai que la politique de nos gouvernants est de plus en plus décriée, à tel point que nos concitoyens les plus démunis, les plus affaiblis, ceux qui sont – ou même se sentent – de plus en plus exclus, n’ont même plus envie de voter : Pour quoi ? Pour qui ?
Mais il serait trop facile de blâmer uniquement le pouvoir en place, l’opposition républicaine a aussi sa part de responsabilité. Alors que l’heure devrait être au rassemblement, à l’instar de ceux auxquels a participé un Stéphane Hessel dans les années quarante au sein du CNR, nous assistons à des batailles d’égo, à l’échafaudage de tactiques « en trois bandes » pour initiés… 

Et pourtant, un véritable boulevard est en train de s’ouvrir pour une vraie rupture, une nouvelle façon de faire de la politique, de permettre aux états démocratiques de reprendre la main sur les pouvoirs financiers. De réconcilier l’économique et le social. Bref, de redonner à la démocratie ses lettres de noblesses : « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Et pas qu’en France d’ailleurs.
A de multiples endroits, des signaux faibles se font entendre qui montrent que nos concitoyens recherchent plus d’humanisme, le retour à de vraies valeurs partagées, de la justice sociale, retrouver du sens au travail pour ceux qui en ont, et un véritable emploi pour ceux qui n’en ont pas, ou n’en ont plus. Et ils sont prêts à des efforts pour cela, pour peu qu’ils soient équitablement partagés.
Et on pourrait poursuivre longtemps cette énumération…
Autrefois, l’on disait à l’instar de JP. Sartre qu’« il ne faut pas désespérer Billancourt », maintenant l’on nous dit qu’« il ne faut pas faire peur à Neuilly »… Et on laisse en France le fossé s’accroître entre les classes les plus riches et les plus pauvres au motif que les patrons les plus riches sont moins payés que leurs homologues aux Etats-Unis, et que les salariés au SMIC sont favorisés par rapport à leurs homologues chinois. C’est vraiment marcher sur la tête !
Avec de fausses solutions à de vrais problèmes, l’extrême droite est en train d’emprunter ce boulevard et nous ne faisons rien. La presse la suit sur son terrain, commente ses petites phrases, au lieu de l’interpeller sur les vrais sujets : l’économie par exemple… 

Alors, si on ne fait rien, veut-on voir se reproduire un « 21 avril » ?
A l’envers ou à l’endroit, n’est même pas la question. Il faut tout simplement se réveiller pour l’éviter. Y arriverons-nous ? J’ai l’espoir d’y croire encore.

  1. janvier 31, 2011

    Complètement d’accord avec toi. Il est vraiment dommage que la vraie opposition (non systématique), celle qui a compris ce qui était en train de se passer en 2007 et qui a refusé de suivre Sarkozy dans sa politique de destruction du modèle français, celle qui propose des solutions alternatives réalistes, celle qui n’est pas dans le carcan droite-gauche, celle qui dit la vérité notamment sur la dette, celle qui met l’éducation au cœur de la réussite, ne soit pas entendue et comprise aujourd’hui. François Bayrou a choisi l’indépendance, il a perdu des élections mais il a gardé son âme contrairement à d’autres.

  2. Françoise Blanche lien permanent
    février 8, 2011

    Oui! Il est temps de se réveiller…
    Il y a eu un temps pour s’indigner, oui…
    Oui aussi, s’il est question de redonner à la démocratie ses lettres de noblesses : « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple »… Le boulevard, en effet est en train de s’ouvrir pour une vraie rupture. (même si, personnellement, je dessine autre chose que la démocratie qui contient en elle le grain de sable qui enraye le système)
    Ce qui me dérange dans votre raisonnement, c’est que vous projetez une solution dans l’action guidée par l’évitement. Ne pas laisser la voie pour Marine, éviter un 21 avril…
    Je suis persuadée, moi aussi que ce n’est pas le seul gouvernement en place qui est responsable mais ceux qui l’ont élu ou laissé élire. Ceux qui encouragent un système majorité/opposition…
    Les responsables sont les adhérents des partis qui les promeuvent en ne voulant pas comprendre combien il est handicapant pour le pays entier de faire gagner à tout prix son seul clan au détriment des autres. Pareil pour les citoyens qui votent pour leur pomme.
    Il y a moyen de changer ce système en tenant compte de cette nature humaine. Ce n’est pas en promouvant l’action pour l’action qu’on avance. C’est en s’arrêtant de fonctionner pour réfléchir un peu… Autrement.
    Il y a ici et là des personnes qui pensent, usent de leur imagination et font autre chose que faire du neuf avec du vieux.
    Même si j’aime bien Jean François Kahn, il n’a pas d’imagination créatrice. Pour lui, le nouveau, c’est prendre ce qui est bien dans les courants précédents.

    Si l’on veut la rupture, il faut dessiner l’autre futur avant de chanter les slogans.

    Je ne comprends toujours pas comment François Bayrou peut encore exister dans des articles prônant un réel changement.

    Sachez que François Bayrou a dit, en réunion devant des conseillers départementaux qui ont fermé leur gueule:
    « Puisque faire de la politique autrement ça ne marche pas, on repart sur le bipartisme, on sera le principal parti d’opposition. »
    Puis il a sorti « Abus de pouvoir » pour tenter de prendre la place du PS. Abus de pouvoir ciblait le PS, pas Sarko.

    Bayrou sort des slogans issus de travaux d’autres personnes et, si l’on creuse un peu, il n’a rien compris au shmilblic. Il se plante. Il n’a jamais cru à un changement possible.

    Et oui. J’affirme qu’il sait très bien qu’il ne sera jamais président et qu’il vise, ainsi que ses rares intimes, un bon mandat ministériel avant la retraite.

    Il n’a pas eu tant d’occasions de s’en voir proposer depuis qu’il a été ministre de l’éducation nationale… Et il ne s’est jamais remis d’avoir été ministre. C’est ça qui lui tape dans le ciboulot.

    Il est instruit, cultivé, ambitieux, bon magouilleur, sans morale, hypocrite, lâcheur… Il n’a pas sa place sur le boulevard qui s’ouvre. C’est un rigolo que vous ne faites exister que dans vos textes. Il occupe un espace politique qu’il ne mérite pas.

    Cet espace là reste à définir… Autrement

  3. février 8, 2011

    @ Françoise :
    Et donc,
    Vous nous le définissez votre futur espace, autrement, …?

  4. Françoise Blanche lien permanent
    février 8, 2011

    @ Laurent

    Curieux donc ?

    C’est un bon début…

Rétroliens

  1. Laurent Boisseau

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