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Vers un humanisme dirigé

2009 mars 29
par Laurent Boisseau

Convention européenne

J’avais écrit en juin dernier un article appelant à la construction d’un nouveau « contrat social » contribuant au développement du « modèle européen ».

 Les tables rondes organisées par le Mouvement Démocrate lors de sa première Convention thématique européenne sur le thème « La France et l’Europe face à la crise » ont donné une vision beaucoup plus globale de la situation, maintenant que la crise financière et la récession économique se sont installées.

Nous vivons effectivement la fin d’un monde. Dans le domaine de l’économie, et plus précisément dans celui des grandes entreprises, il y a quelques années s’établissait une relation relativement équilibrée entre d’un côté, les capitaines d’industrie – véritables propriétaires de leurs entreprises – qui prenaient des risques patrimoniaux sur le moyen-long terme et se rémunéraient sur les bénéfices variables ; tandis que de l’autre les employés travaillaient en échange d’un salaire fixe. Les premiers ont depuis été remplacés par les « nouveaux managers » appointés par des actionnaires qui ne se comportent plus comme de véritables propriétaires. Leurs objectifs sont principalement financiers et court-terme : augmenter les dividendes pour satisfaire les actionnaires avec des taux de rentabilité inégalés et valoriser l’action le plus possible pour en bénéficier lors de la vente des « stock-options » ; des « bonus de bienvenue » ainsi que des « parachutes dorés » viennent compléter leur rémunération. Les seconds ont vus leurs contrats de travail se précariser, ce sont eux qui supportent désormais l’ensemble des aléa de la gestion de l’entreprise. Le système est totalement déséquilibré, le contrat social n’existe plus.

Parallèlement à cela, Robert Rochefort du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC) et tête de liste MoDem pour les européennes dans le Sud-Ouest avait donné une interview très pertinente sur le thème de « l’hyper-consommation c’est fini » dans le magazine « Challenges » fin-février dernier.
Il y brossait l’évolution sociologique de nos modes de consommation, ce qui préfigure l’avènement d’une nouvelle société de consommation plus qualitative que quantitative.
Cette évolution sera favorisée sans doute par la prise de conscience de plus en plus croissante du développement durable, ainsi que par la crise économique qui marquera, espérons le, la fin des bulles virtuelles et le retour à une économie de biens plus réels.

Le développement d’une économie « verte » recèle de nombreux potentiels et devrait permettre une véritable mise en œuvre du développement durable.

Cette mutation profonde de la société du 21e siècle devra donc s’accompagner de nombreux dispositifs, notamment dans le domaine de l’emploi et la formation, afin de favoriser cette reconversion économique.

Il ne s’agit donc plus de moraliser les anciens modèles qui ont dépassé leurs limites. Ni refonder le capitalisme ou le socialisme, mais développer un projet de société humaniste pour la France et l’Europe.

Le projet politique du MoDem fondé sur la social-économie, l’humanisme et le développement durable est particulièrement bien adapté à cette nouvelle donne.

La crise que nous vivons a revalorisé l’appel à l’intervention de l’état, tant décrié il y a encore peu. A l’instar du concept d’Economie dirigée qui s’était développé suite à la crise de 1929, les années qui viennent devraient appeler l’évolution vers un « Humanisme dirigé« .

Publié en mars 2009 sur le blog du MoDem à Issy-les-Moulineaux.

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