La crise économique et financière ajoutée aux montants impressionnants des dettes publiques ont considérablement fragilisé les états qui présentent un déficit structurel de leur commerce extérieur. La France en fait malheureusement partie. La plupart de ses acteurs politiques et économiques préconisent une réindustrialisation de notre pays. François Bayrou a fait partie des premiers dans son ouvrage 2012 Etat d’urgence (Plon). L’auteur – candidat depuis à la présidence de la république – y faisait le choix d’une politique de relance par l’offre.
Relancer l’offre nécessite d’alléger les charges des entreprises, François Bayrou proposait de les déplacer selon deux pistes, sans toutefois choisir : la CSG ou la TVA.
Une fusion de la CSG avec l’impôt sur le revenu faisait partie du programme de l’équipe du candidat François Hollande, quoique ce dernier semble revoir sa copie sur ce point…
La TVA présentée sous le vocable « social » ou « anti-délocalisation » fait partie du programme du président actuel, quoique non encore candidat, il pourrait aussi s’agir d’un ballon d’essai…
Concrètement, cette mesure vise à baisser les cotisations sociales des entreprises et les compenser par une hausse de la TVA. La baisse du coût du travail ainsi engendrée peut être répercutée ou non sur les prix. Dans le premier cas cela produit une baisse des prix des produits fabriqués en France, dans le second une hausse des marges des entreprises. Dans les deux cas cela engendre une hausse de la compétitivité des entreprises françaises. Ce sont des effets positifs.
De l’autre côté, la hausse de la TVA va engendrer une hausse des prix des produits importés et potentiellement une hausse des prix des produits fabriqués en France également selon la répercussion de la baisse du coût du travail sur les prix. Soit au global une perte du pouvoir d’achat.
Comme chaque année, l’Esplanade de l’Hôtel de Ville de Caen se transforme en scène d’un spectacle son et lumières pour les fêtes de Noël.
La façade de l’Abbaye-aux-Hommes devient l’écran d’un conte en images monumental. Cette projection, qui évoque les rêves d’enfants sous la forme de tableaux successifs, se marie agréablement avec l’architecture.
Les projections ont lieu toutes les demi-heures de 17h30 à 23h, jusqu’au 8 janvier 2012.
Vous trouverez ci-dessous un diaporama qui vous permettra d’avoir un aperçu du spectacle :
Utilisez la barre de navigation pour le visualiser en plein écran.
Faut-il « relocaliser » la dette de l’Etat français ? C’est-à-dire la faire racheter en grande partie par ses citoyens, le peuple français. Cet article propose une piste de réflexion pour une solution court terme afin de rendre la dette plus soutenable. Que les lecteurs économistes me pardonnent éventuellement quelques approximations sur certains chiffres, ce billet n’ayant aucune prétention d’expert.
Aujourd’hui la dette souveraine de l’Etat français avoisine les 1 800 milliards d’euros. Creusée par les déficits successifs et aggravée par la crise financière, elle correspond en moyenne à plus de 26 000 euros par citoyen et à 85% du PIB environ. L’Agence France Trésor emprunte donc à des taux long terme (20 à 50 ans) compris entre 3,5 et 4%. Or cette dette est détenue à 66% par des fonds étrangers non résidents. Ainsi nous sommes donc dépendants des fameuses agences de notation que les marchés étrangers consultent. Est-ce blâmable ? Non, ils agissent comme n’importe quel prêteur qui veut mesurer le risque qu’il prend dans toute opération. De ce fait, toute dégradation de la note entraîne une hausse des taux d’intérêts selon toute bonne logique prudentielle. Ni moral, ni immoral, le capitalisme est par nature amoral comme l’a dit le philosophe André Comte-Sponville.
L’Etat français a donc pris la voie de financer sa dette publique par les marchés financiers à l’instar de nombreux autres états, sauf quelques uns comme le Japon par exemple. Le Japon est fortement endetté (plus de 225% du PIB) mais ses créanciers sont pour l’essentiel des entités citoyennes japonaises.
Les conditions de financement sont donc aussi importantes que la dette elle-même. Agir sur la dette par des politiques de rigueur est certes nécessaire, mais dangereux si elles ne permettent pas la relance économique. A quoi bon mourir guéri !
J’en avais déjà parlé ici, l’association ACTEVI (Action Citoyenne pour les Transports et l’Environnement de la Ville d’Issy) a lancé en mai dernier une initiative citoyenne pour l’aménagement du centre-ville d’Issy-les-Moulineaux.
De quoi s’agit-il : ACTEVI « propose une méthode participative qui comprend l’élaboration d’un questionnaire destiné à connaître les attentes et les priorités des isséens en termes d’aménagement de notre centre-ville ».
Parmi les remarques souvent entendues de la part des habitants :
- Mais où est le centre-ville ?
- Je voudrais une zone piétonnière …
- Et mon vélo, je le range où ?
- J’en ai assez de ces trottoirs étroits et encombrés.
- Et si l’on dissuadait un peu le trafic automobile de transit …
- Ce serait bien s’il y avait des jeux d’enfants à proximité.
Ce questionnaire, intitulé « Enquête ACTEVI sur le Centre Ville d’Issy » est accessible par internet.
Vous habitez Issy-les-Moulineaux ? alors prenez quelques minutes pour donner votre avis sur : www.actevi.fr/enquete
Jean-François Kahn renouvelle son soutien à François Bayrou pour l’élection présidentielle de 2012. Il a fait part de sa décision à Nice Matin lors d’un entretien à Cannes.
L’ancien patron de l’hebdomadaire Marianne a notamment déclaré qu’il était prêt à « participer » à la construction du programme du candidat centriste si « on me le demande » et à la condition de conserver sa « liberté de penser ».
« Je ne suis pas à 100% d’accord avec lui mais en tant que patriote, je suis convaincu que c’est l’homme dont la France à besoin pour incarner le changement dans un climat de haine et de clivages. Il est le seul qui pourra fédérer la population et instaurer une cohésion sociale autour d’un programme alternatif ».
L’information a été reprise également par Le Point et L’Express.
C’est une excellente nouvelle, car ce soutien apportera une contribution constructive pour la campagne qui s’annonce. Pour autant ce ne sera pas un soutien béni-oui-oui, car – Qui aime bien, châtie bien - Jean-François Kahn avait déjà eu l’occasion de débattre du positionnement du centre sur son blog en juin 2010. Il y écrivait notamment :
« Le problème n’est donc pas de se définir comme « entre-deux », « à mi-chemin », mais de se porter, je le répète, résolument « en avant », pour préparer une véritable alternative porteuse d’un nouveau modèle. L’opinion ne veut pas du « mou » mais, au contraire, du solide et du dur dans la rénovation. »
Parallèlement à cela, Jacques Julliard - l’éditorialiste de Marianne – soutient la candidature de l’autre François (Hollande). A sa manière, lui aussi n’est pas un inconditionnel de son candidat. Il le sermonne sérieusement dans le dernier numéro de l’hebdomadaire, lui recommandant de se démarquer de « Martine et Cécile » et du « programme qu’on lui flanque dans les pattes ». Il lui rappelle instamment qu’il « ne doit plus avoir qu’un seul interlocuteur : le peuple français ».
Ce dernier conseil vaut aussi pour le premier François.
« Une entrée de ville exceptionnelle à l’échelle d’Issy-les-Moulineaux », c’est ainsi que la municipalité présente le projet qu’elle veut lancer dans le secteur du Pont d’Issy. Il s’agit d’un projet gigantesque de 250 000 m² (dont plus de 90% de bureaux) avec 3 tours d’environ 180 m de hauteur.
Bien que présenté selon une procédure de « révision simplifiée » du PLU, ce projet entraîne une profonde modification des équilibres au niveau de l’urbanisme du secteur du Pont d’Issy :
- Le gigantisme des 3 tours par rapport aux autres bâtiments existant dans le quartier : 180 m de haut soit environ 7 fois la hauteur des bâtiments actuels (25 à 27 m).
- Une surface très importante réservée aux bureaux : 232 260 m². Quel est le besoin motivé pour construire une telle surface ?
Le SDRIF de 2008 – adopté par le Sénat en mai 2011, mais dont le décret d’application n’est pas paru – préconise un rééquilibrage des activités vers l’Est de la région comparé à l’Ouest déjà bien pourvu (avec 50% des bureaux pour les Hauts-de-Seine). - Un impact important sur les transports et la circulation qui se répercutera également dans les quartiers alentours, y compris le centre-ville.
- La motivation légitime de signaler l’entrée de ville peut être avantageusement réalisée par une architecture à la fois originale et plus mesurée dans ses proportions architecturales.
De plus, eu égard à l’importance des enjeux de ce projet et ses conséquences sur l’environnement et la qualité de vie des isséens, il n’a fait l’objet d’aucune véritable concertation de la population avant de lancer l’enquête publique. Une seule réunion publique, et des présentations dans un Atelier d’urbanisme – dont les participants sont cooptés par la municipalité – ne peuvent se substituer à une véritable concertation.
De part son impact sur l’image architecturale, la conservation du patrimoine, les transports, l’environnement et plus généralement la qualité de vie des isséens, ce projet ne privilégie pas l’intérêt général.
Aussi, j’ai déposé mes observations dans le registre d’enquête publique (cliquer ici).
L’enquête publique se déroule jusqu’au samedi 3 décembre 2011. Vous avez donc jusqu’à cette date pour exprimer vos observations.
Voici pour vous informer :
- Les documents présentés sur le site de la ville.
- La contribution déposée par l’association isséenne ACTEVI(*). Ils ont également réalisé un montage photo qui préfigure l’aspect des tours vues depuis le Pont d’Issy en termes de volumes de constructions : ici.
- La contribution déposée par Okan Germiyan sur son blog citoyen.
(*) ACTEVI : Action Citoyenne pour les Transports et l’Environnement de la Ville d’Issy-les-Moulineaux. Association agréée de protection de l’environnement reconnue d‘intérêt général.
En ce 11 novembre, anniversaire de la fin de la « Grande Guerre », je publie cette lettre écrite par mon arrière-grand-père qui fut blessé grièvement lors du combat d’Ecriennes (bataille de la Marne) le 6 septembre 1914.
Il reçut la Médaille Militaire et la Croix de Guerre avec Palme, extrait de la citation :
« Le 6 septembre 1914, au cours d’un violent combat, a pris avec sang-froid le commandement de sa demi-section dont le chef venait de tomber. Blessé grièvement lui-même quelques instants après n’a cessé d’encourager ses hommes par d’énergiques paroles. […] ».
Au-delà du caractère émouvant de ce témoignage, il est intéressant de noter la qualité de la rédaction, la richesse du vocabulaire employé, ainsi que le souci de rassurer les siens en employant un style plein de retenue…
Vitry le François, le 13 septembre 1914
à l’ambulance de la Croix Rouge
Chers parents et chère femme,
Mon cauchemar commence à se dissiper et comme le printemps il me semble renaître à la vie. Songez que pendant 48 heures après être tombé la jambe droite traversée d’une balle, je suis resté étendu de tout mon long, dans un sillon, mon sac devant la tête pour me protéger des balles françaises et allemandes qui sifflaient dans tous les sens comme un bourdonnement d’abeilles cependant que les obus et schrapnels éclataient de tous les côtés.
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Novembre sera le Mois de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) en France.
C’est une initiative des Chambres Régionales de l’Economie Sociale pour faire découvrir au plus grand nombre, pendant un mois et au travers d’initiatives les plus diverses possibles, une autre façon de concevoir l’économie.
Il existe en effet des entreprises responsables qui se distinguent par leur mode d’organisation et leur finalité.
Elles ont établi depuis plus d’un siècle des règles du jeu originales :
- Elles rassemblent des personnes motivées par la mise en œuvre d’un projet,
- Elles concilient objectifs d’intérêt collectif et activités économiques,
- Elles intègrent dans leur organisation et dans leur fonctionnement, démocratie, innovation et développement durable.
Ces entreprises sont les coopératives, les mutuelles, les associations, les structures de l’insertion par l’activité économique, les fondations…
Elles sont présentes sur tous les secteurs d’activités, de la banque à la culture, en passant par le commerce équitable.
En France, elles représentent plus de 215 000 établissements employeurs, soit 9,1% des entreprises françaises et plus de 2,2 millions de salariés, soit près de 10% du total de l’emploi salarié en France.
Avez-vous regardé jeudi dernier sur France 2 l’excellent documentaire « La gueule de l’emploi » réalisé par Didier Cros ?
Il s’agissait de filmer une session de recrutement collective pour un poste de commercial dans une grande compagnie d’assurances.
Une dizaine de candidats étaient soumis aux jeux de rôles imposés par un « jury » composé de consultants en recrutement – chargés de l’animation – et de cadres RH et opérationnels de l’entreprise.
Téléréalité ? documentaire-fiction ? Non, la réalité.
Les candidats seront conduits au cours de la session à se plier à des pratiques exacerbant leur agressivité envers leurs collègues, les soumettant aux rôles que l’on veut leur faire jouer – prélude aux conditions de leur futur poste s’ils sont retenus. Bref des conditions humiliantes, voire inhumaines, et qui révèlent aussi l’incompétence des recruteurs !
Cette émission a fait le buzz dans l’écosystème du recrutement.
Le matin même de la diffusion, France Inter recevait dans le cadre de l’émission « Service Public » de Guillaume Erner, Didier Cros le réalisateur du documentaire, Alain Gavand Président–fondateur du cabinet de recrutement Alain Gavand consultant et Nicolas Doucerain Président du cabinet de recrutement Solic.
Alain Gavand avait eu l’occasion d’exprimer son indignation sur son blog dans un article titré : « La gueule de l’emploi. Ou le recrutement obscène. ». Professionnel du recrutement, il y explique de façon argumentée son aversion pour de telles pratiques, l’amateurisme des recruteurs dans le documentaire, ainsi que les atteintes à la dignité des candidats. Il continuera son combat engagé depuis une dizaine d’années pour un recrutement éthique et professionnel.
Vendredi 30 septembre il y avait une conférence avec Philippe Frémeaux à l’Atelier, centre de ressources régional de l’économie sociale et solidaire pour l’Ile-de-France. Elle se tenait à l’occasion de son dernier ouvrage La nouvelle alternative ? Enquête sur l’économie sociale et solidaire (éditions Les Petits matins) et était organisée par l’équipe pédagogique du master Management de l’Insertion par l’économie sociale et solidaire (MIESS) et animée par Hervé Defalvard, maître de conférence en sciences économiques et responsable du Master.
Rappelons que Philippe Frémeaux est président de la coopérative qui édite « Alternatives Economiques » et éditorialiste. Son ouvrage analyse dans quelle mesure et à quelles conditions l’économie sociale et solidaire peut contribuer à transformer notre société. Lire l’extrait.
Avec la crise qui perdure depuis plus de trois ans, la financiarisation de l’économie, l’amplification du chômage de masse, nous sommes de plus en plus amenés à nous interroger sur la finalité de notre économie, sinon de notre société. Quels buts poursuit-on ? Le profit financier est-il le but ultime de toute économie de marché ?
L’économie planifiée qui représentait l’Alternative à l’économie capitaliste au début du 20e siècle est définitivement sortie de l’histoire avec l’effondrement de l’URSS.
L’économie sociale et solidaire, qui repose sur des valeurs humanistes et des principes de recherche du bénéfice collectif, d’utilité sociale et de solidarité, représente une forme alternative d’organisation de la production.
Cette forme alternative de l’économie fait l’objet actuellement d’une attirance consensuelle à tel point que Philipe Frémeaux faisait remarquer avec une pointe d’ironie que Jean Sarkozy – Conseiller général des Hauts-de-Seine – avait « troqué la présidence de l’EPAD contre celle du Conseil Départemental de l’ESS des Hauts-de-Seine ».
Philippe Frémeaux nous a fait une présentation très objective de l’économie sociale et solidaire. Même s’il est profondément attaché aux valeurs de l’ESS, pour en être un acteur reconnu pour son engagement, il ne cède pas aux discours quelquefois angéliques qui tendent à la présenter comme un monde idéal, voire idyllique. Comme il le répète souvent, l’ESS porte en elle une partie de la solution et une partie du problème.






